Au-delà du Dewey, élaboration d’un code intuitif pour une bibliothèque thématique en sciences humaines

Auteur : Valentin Becmeur, valentinbecmeur@gmail.com
Statut : proposition ; vers. : 1

Le Nouveau Jardin est une association dont l’ambition est de développer un centre culturel sur le modèle des écoles philosophiques de la Grèce antique (s’inspirant plus particulièrement du Jardin d’Epicure). Le centre s’organise autour d’une bibliothèque au fonctionnement novateur. De prochains billets seront consacrés à une présentation plus détaillée de ce projet. Ce qui nous intéresse ici est l’un des aspects fondamentaux de cette bibliothèque : le code nécessaire à l’indexation des œuvres.

La bibliothèque du Nouveau Jardin est initialement constituée de la mise en commun de livres de particuliers (prêteurs ou donateurs). Les ouvrages ne sont pas stockés à une même adresse, mais conservés dans un premier temps chez chacun de ces particuliers. Ils sont réunis à travers un index commun, consultable via un site internet dédié. La question qui se pose d’emblée est donc de savoir :
- comment classer ces ouvrages ;
- quel code élaborer pour ce classement.

Abcmr, Enchevêtrement, Impression numérique, 2008

Abcmr, Enchevêtrement, 2008

Code formel vs code informel

Dans un billet précédent, (=S=) invite à réfléchir à la présentation des pages bibliographiques pour des évènements. Se pose la question de la différenciation des références par des étiquettes de couleurs : faudrait-il choisir les couleurs en fonction du corps doctrinal auquel renvoie chaque référence (par exemple, choisir un rose pour souligner le caractère socialiste des modèles défendus par les théoriciens de la possibilité du calcul économique en régime socialiste, et contraster avec un blanc sans signification particulière…) ? Notre problème est similaire, étant pour notre part confrontés à une alternative code formel/code intuitif. Un paradoxe envisageable est que le code « intuitif » n’a rien d’universel, mais est au contraire composé sur une base de références autrement plus arbitraire que le code que l’on voudrait strictement formel. Il s’agit en effet de s’assurer d’une culture commune à travers laquelle chaque codage évoquerait bien une même référence. C’est cette « évocation » qui détermine la dimension intuitive du système. Pour reprendre l’exemple des couleurs, leur langage en politique doit bien déjà être connu pour que leur utilisation ait un sens.

Les limites de la classification Dewey

Etant employé en tant que moniteur dans la principale bibliothèque universitaire du campus grenoblois – où j’étudie par ailleurs -, je patauge quotidiennement dans les grandes marées visqueuses du DEWEY. Le code Dewey, ou code de Classification Décimale de Dewey (CDD), est le plus utilisé en matière de classement de livres. Il découpe l’ensemble des ouvrages en dix grandes classes, elles-mêmes divisées et subdivisées en dix parties et sous-parties. Le chiffre des centaines désigne un champ général, le chiffre des dizaines un thème de ce champ, le chiffre des unités un aspect du thème. Par exemple, « 500 » désigne les sciences, « 510 » les mathématiques, « 514 » la topologie. Des chiffres peuvent être ajoutés après un slash ou un point pour préciser le genre ou l’objet d’étude de l’ouvrage. « 514.74 » correspond à l’analyse globale, « 514.742 » aux fractales. Cependant ce code n’est pas exactement un langage. Il permet d’identifier un ouvrage, mais ne délivre aucune information sur cet ouvrage. Si vous lisez « 301.01 BOU », vous ne pouvez a priori rien dire sur l’ouvrage identifié par ce code – à moins que vous ne connaissiez le Dewey sur le bout des doigts (le 3 en centaine indique les ouvrages de sciences sociales, 301.01 BOU désigne un bouquin de Bourdieu). Un code « intuitif » doit pouvoir, par sa seule lecture, indiquer plus précisément à quel ouvrage il renvoie.

Gald, La caverne aux livres, 2007

Gald, La caverne aux livres, 2007

Le code Dewey est plus ou moins utile pour le classificateur. Il a surtout son intérêt dans la perspective de constitution d’une bibliothèque universelle. Mais il est un cauchemar pour le chercheur :

  1. Les disciplines se succèdent n’importe comment, sans véritable logique. Certaines sont associées à d’autres pour former des classes communes peu évidentes. Aux langues (400) suivent les sciences (500) ; sont regroupés philosophie, paranormal et psychologie (100) ; ou encore arts, sports et loisirs (700), suivis de la littérature (800).
  2. Des disciplines importantes lors de la constitution de ce code se sont vues attribuer un chiffre des centaines ou des dizaines, les faisant donc apparaitre au premier ou deuxième niveau de la classification (200 pour les religions, 130 pour le paranormal), or cette place ne correspond plus vraiment à celles qu’elles occupent désormais dans le champ général de la connaissance.
  3. A l’inverse, d’autres disciplines qui ne n’étaient pas importantes à l’époque sont toujours cantonnées au deuxième ou troisième niveau, alors qu’il faudrait les élever – et par là agrandir le champ qu’elles couvrent – eut égard aux développements qu’elles ont depuis connus (par exemple la psychologie, limitée à un petit 150). Notons, à propos de la classe des religions susmentionnée, que le christianisme y est surreprésenté, occupant quasiment tous les indices des dizaines, et « écrasant » la place restante pour les autres religions, qui se trouvent alors toutes ramassées dans la dernière dizaine (290 pour « Autres religions »).
  4. Les disciplines sont figées, et les approches pluri- ou transdisciplinaires sont difficiles voire impossibles à signifier, donc à classer. Par exemple, où ranger un ouvrage de sociolinguistique ? En langue (400) ou en sciences sociales (300) ? Même difficulté pour certains ouvrages traitant, par exemple, de bioéthique – cette approche couvrant plusieurs champs comme le droit, la philosophie, l’anthropologie, l’éthique, la technique et la biologie.
  5. les codes peuvent s’étendre de façon incroyable, jusqu’à devenir parfaitement illisibles, impossibles à mémoriser, et demeurent tous tout autant incompréhensibles au chercheur. Les lettres associées aux chiffres composent parfois, de façon aléatoire, des expressions curieuses : « 87/1 SALL con » pour La Conjuration de Catilina de Salluste, « 658.5 BITE » pour La maîtrise des flux industriels de Raymond Biteau, « 447.01 GODE » pour le fameux Lexique de l’ancien français ; « 84/9 DELAv euc » pour l’Eucharis de Philippe Delaveau – ce dernier exemple ne visant qu’à illustrer la complexité des codes, où l’on se perd entre slash, minuscules et majuscules…

Les autres systèmes de classification

Gald, La caverne aux livres, 2007

Gald, La caverne aux livres (2), 2007

Le code de Classification Décimale de Dewey (CDD) est le code le plus utilisé dans le monde, mais il n’est bien évidemment pas le seul. Il nous faut mentionner ici, parmi quelques autres grands codes, le code de la Classification Décimale Universelle (CDU) ainsi que le code de Classification de la Bibliothèque du Congrès (LCC pour Library of Congress Classification). La CDU a été élaborée à partir de la CDD. Les deux sont similaires, de par leur organisation en dix grandes classes, et ne révèlent finalement aucune différence à l’usage. La LCC est plus intéressante par rapport à la CDD, car, également organisée en classes, ces dernières sont désignées par des lettres. Nous ne sommes donc plus limités aux dix classes d’un système décimal, nous pouvons en théorie nous étendre jusqu’à 26 classes – en réalité, certaines lettres ne sont pas utilisées, ramenant le nombre de classes à 21.

Cependant, le système de classification de la bibliothèque du Congrès ne résout aucun des problèmes de la CDD, et les fait peut-être même apparaître encore plus nettement. Les disciplines se succèdent différemment que dans la CDD, mais de façon tout aussi illogique – les sciences de l’éducation précédent la musicologie, suivent le Droit. Malgré le nombre d’indices possibles en fonction des lettres, certaines disciplines continuent d’être regroupées sans véritable pertinence, comme la philosophie, la psychologie et la religion (se retrouvant toutes les trois rangées sous la lettre B) ou encore la géographie, l’anthropologie et les loisirs (G). Deux catégories sont spécialement dédiées à l’Histoire de l’Amérique (E et F), ce qui rend le code peu utilisable en d’autres endroits du monde. Surtout, les lettres n’ont aucun lien avec les disciplines concernées. Outre quelques coïncidences fortuites, comme le G pour Géographie/Geography, le M pour Musique/Music et le T pour Technologie/Technology, aucune lettre ne correspond avec la première du nom de la discipline qu’elle désigne. Il aurait été intuitif de ranger Histoire sous le H, Psychologie et Philosophie (et même Paranormal, tant qu’on y est, comme dans la classe 100 du Dewey) sous le P, Droit sous le D – ou plutôt Law sous le L -, Science sous le S, E : Education, A : Arts, M : Medicine, L : Language and Litterature, pour reprendre quelques unes des classes principales de la LCC. Au lieu de cela, il faut associer la Philosophie au B, les Beaux Arts au N, le H aux Sciences sociales, le R à la Médecine, le S à l’Agriculture, le Droit au K, etc. C’est un véritable méli-mélo, source de confusion, prévenant toute tentative de mémorisation rapide. Les chiffres qui suivent chaque assemblage de lettres rendent le code plus absurde encore.

Gald, La caverne aux livres, Oblique mercator "projection", 2007

Gald, La caverne aux livres (3), 2007

Tous ces grands codes trouvent en fait une même limite dans leur prétention à classer le savoir humain dans sa totalité. De par l’immensité des champs qu’ils doivent couvrir, et la complexité des liens entre chacun de ces champs, la mission se révèle particulièrement délicate. En posant un nombre limité d’indices de premier niveau (les 26 lettres de l’alphabet ou les dix chiffres de notre système numéraire), les champs voient leur accroissement déterminé les uns par rapport aux autres, à tous les niveaux de la classification – comme nous l’avons déjà fait remarquer, l’amplitude du champ « christianisme » dans la classe principale « Religions » se fait au détriment de la représentation de tous les autres cultes et confessions. Lorsqu’un champ est trop « à l’étroit », les codes désignant les ouvrages s’y rattachant se complexifient en de longues ramifications, ajoutant toujours plus de sortes de caractères (lettres, signes de ponctuation), et par là relèguent ces ouvrages à des niveaux de division et subdivision toujours moins visibles et moins évidents.

Un code pour une bibliothèque thématique

Le projet du Nouveau Jardin n’est pas de développer une bibliothèque universelle. Il s’agira essentiellement d’une bibliothèque thématique, rassemblant des ouvrages de sciences humaines, sciences sociales, économie, philosophie, politique… Le code doit donc couvrir ces domaines, sans forcément s’ouvrir à tous les autres envisageables. En ne cherchant pas à ranger l’ensemble du savoir humain en une dizaine de classes, mais en nous recentrant sur l’une ou quelques unes d’elles, les codes désignant ces dernières peuvent se composer à partir de tous les chiffres. Il est ainsi possible d’élaborer quelques modèles simples d’assemblages de chiffres et de lettres, et limiter leur extension et complexification en évitant d’aligner toujours plus de chiffres après des slashs ou des points. Inutile également de jouer sur les différences entre les lettres majuscules et minuscules.

Par ailleurs, il ne s’agit donc plus de distinguer des « classes », mais, évoluant au travers d’une seule classe – ou d’un ensemble de classes très proches -, de constituer les ouvrages s’y rattachant en plusieurs groupes. Plutôt que de rassembler les ouvrages par rapport à un thème ou à une question posée, puisque cette question ou ce thème peuvent s’affirmer centraux pour la désignation même d’une classe, nous pouvons préférer une identification des ouvrages quant à la leur façon de traiter cette question ou ce thème. Ainsi, les ouvrages seraient rassemblés en fonction de la méthode qu’ils suivent ou de la doctrine qu’ils affirment. En utilisant des lettres pour désigner chaque groupe ou ensemble, ce code se révèlerait autrement plus intuitif.

Abcmr, Trame, acrylique, 1990

Abcmr, Trame, acrylique, 1990

L’utilisation des lettres semble pertinente pour désigner intuitivement un groupe ou un ensemble. Par exemple, le code de tous les ouvrages sur le libéralisme peut partir de la racine « LIB » ; sur le socialisme, « SOC » ; etc. Le lettrage s’utilise en fonction des courants représentés dans les collections. Voilà ce que nous pouvons considérer comme un code « intuitif ». Le code commence sur une indication lettrée de trois ou quatre caractères, et se voit prolongé de trois à quatre chiffres maximum. La suite chiffrée doit être élaborée dans le même esprit. Le 1 pourrait désigner les ouvrages fondamentaux du genre, ou les classiques incontournables. Bref, les ouvrages « à lire en premier ». A partir de la moitié, du 6, figureraient les ouvrages abordant directement le thème, mais d’un point de vue plus critique. Plus on s’éloigne du 1, plus on s’éloigne du corpus doctrinal propre au courant désigné par la racine. Le 9 annonce un retournement complet.

Voici quelques premiers éléments, pour commencer à réfléchir au code qui nous servira à indexer les œuvres que le Nouveau Jardin collectera. Ce ne sont là non directement des propositions, mais des exemples permettant de présenter le problème et une façon de le traiter. L’élaboration de ce code représente une étape essentielle dans la réalisation de notre projet. Vous pouvez participer à ce travail en répondant à ce message sur ce blog ; vous pouvez également contribuer via la liste de diffusion du Nouveau Jardin.

Dans l’espoir d’une réaction enthousiaste à ce message et d’une participation active à ce premier travail,

Valentin

Tags: , , ,

10 commentaires pour “Au-delà du Dewey, élaboration d’un code intuitif pour une bibliothèque thématique en sciences humaines”

  1. (=S=) dit :

    Avant que la discussion ne débute véritablement, un petit mot pour me faire l’écho de quelques exemples de bibliothèques publiques qui ont (avaient ?) décidé de se passer elles aussi du classement Dewey, via Klog , gatsu gatsu ou Bibliosession 2.0 … et un contre-exemple avec Google qui rend hommage au vieux Melvil pour nommer la nouvelle version de son fameux algorithme.

  2. Sylvain dit :

    Salut Valentin,

    trois petites questions, qui n’ont pour seul mérite que d’être posées :

    1°/ Je suppose que l’index commun, disponible sur le net, mentionne les titres des œuvres, ainsi que le nom de l’auteur, etc… Est-ce effectivement le cas ?

    2°/ Dans l’affirmative, le codage est-il véritablement nécessaire, notamment en début de projet? [je ne suis pas expert ès bibliothèque, contrairement à toi ;) , mais dans mon esprit étroit et obtus, le codage suppose qu'il y ait à un moment donné rangement matériel, or ici, tel ne paraît pas être le cas puisque les livres sont en "libre-circulation". D'autre part, je ferai remarquer, que venant de la part d'un libéral - "Laisser passer, laisser faire" - je trouve que cette idée de classification est à la limite de la provocation liberticide et, constitue une dangereuse porte ouverte sur le totalitarisme administrativiste...:) ].

    3°/ Dans le cas où le codage serait cependant utile, pourquoi ne pas utiliser un Dewey réformé, qui prendrait en compte les évolutions – nécessaires – que tu évoques ? A titre personnel, je me sens à l’aise avec ce système, que je trouve très efficace. Après, il demeure évident qu’il faut disposer du « code » pour pouvoir décrypter le référencement des ouvrages. Ton idée de codage est également intéressante, mais je ne comprends pas exactement la logique de la « suite chiffrée » (qui détermine le chiffrage ? Un lecteur unique ? Un collège de lecteur ? N’y a-t-il pas une certaine subjectivité – pour ne pas dire une subjectivité certaine – dans l’établissement de cette codification? A partir de quand une pensée est-elle purement orthodoxe ? Un peu hétérodoxe ? Complètement hérétiques ? Etc…)

    Sur ces quelques considérations, je vous souhaite une bonne nuit.

    Sylvain.

  3. Valentin dit :

    (=S=) et Sylvain, merci pour vos messages.
    L’index des œuvres mentionnera bien sûr le nom de l’auteur, le titre, la maison d’édition et la date de publication.
    Le codage est nécessaire à partir d’un certain volume d’ouvrages. Il s’agit en effet de pouvoir classer ces ouvrages, les organiser, afin de ne pas se perdre parmi eux, ce qui reviendrait à les perdre eux. Ne proposer qu’un classement par ordre alphabétique n’est pas pertinent, sauf pour un tout petit nombre d’ouvrages – dans ce cas, il est alors possible de considérer en peu de temps l’ensemble de la liste. Mais si la liste devient trop longue, comment trouver ou retrouver un ouvrage ? Il faut comprendre que l’intérêt d’avoir accès à un certain volume d’œuvres n’est pas simplement de pouvoir y chercher un ouvrage connu au préalable, mais de faire des découvertes, de trouver des ouvrages que nous ne recherchions pas forcément ou dont nous ne soupçonnions même pas l’existence. Le classement par ordre alphabétique, en fonction du nom des auteurs par exemple, permet de retrouver facilement un livre si l’on en connaît déjà l’auteur. Ainsi pour une référence donnée par un professeur, un collègue ou autre. Mais comment trouver soi-même de nouvelles références ? C’est pourtant tout le sens de la recherche.
    En consultant une liste classant les ouvrages par ordre alphabétique, et indiquant un ouvrage par ligne par exemple, il est impossible de savoir quelle(s) ligne(s) rattacher, lier, à quelle(s) autre(s). Or, quand ce n’est pas par le plus grand des hasards, c’est ce cheminement de liens en liens qui permet de faire des découvertes. Dans une liste alphabétique, les ouvrages sont simplement regroupés par auteurs. Mais un même auteur peut avoir produit des études dans des domaines très divers. Et il y a également de grandes chances que l’auteur suivant n’ait strictement rien à voir avec le premier. Ainsi, une fois la ligne trouvée, il n’est pas possible d’établir un premier périmètre où farfouiller pour tenter de trouver d’autres références qui pourraient nous intéresser.
    Nous parlons ici d’un classement en fonction du nom des auteurs, mais le problème se pose tout autant avec les titres. En effet, nombre de titres n’indiquent absolument pas de quoi traitent les ouvrages en question, ou à quel domaine ou discipline ils sont rattachés. Si notre thème d’étude est la bioéthique, nous trouverons bien des ouvrages en tapant « bioéthique » dans le moteur de recherche du catalogue de notre bibliothèque. Mais nous ne trouverons alors que les ouvrages mentionnant expressément le terme « bioéthique » dans leur titre. Comment trouver, si l’on ne connaît donc pas l’ouvrage ou son auteur au préalable, le livre « Les corps vils » de Grégoire Chamayou par exemple ? Il est pourtant fort probable que cet ouvrage ait tout son intérêt pour notre étude. Une façon de contourner cette limitation est d’associer à chaque référence une description et/ou un ou plusieurs mots-clefs. Ainsi le terme peut ne pas apparaître dans le titre, mais quand même lui être associé.
    Un même terme ou une même série de termes peut alors lier plusieurs ouvrages a priori distincts. Il semble peut-être naïf de tout rappeler de cette façon, mais au moins nous voyons bien pourquoi nous avons besoin de classer, d’organiser, de regrouper l’ensemble des livres. Le code est comme un nouveau titre, ou un titre supplémentaire pour chaque ouvrage, les rattachant directement à une classe, permettant de cibler et faciliter les recherches. L’idée de codage demeure cependant essentiellement un préalable au rangement « physique » des livres. A vrai dire, l’un procède de l’autre, et c’est pour cette raison qu’il faut penser dès maintenant au code, puisque notre ambition est bien de pouvoir ranger un jour les ouvrages rassemblés, prêtés ou donnés à l’association, en un lieu physique dédié. Il faut par ailleurs élaborer le code avant de répertorier les ouvrages, afin de ne pas avoir à modifier toutes les entrées après coup, tout simplement ! Je consacrerai très bientôt un prochain billet sur ce dernier point, à propos du lien entre codage « virtuel » et rangement « physique ». Les codes présentés dans les billets linkés par (=S=) seront également discutés.

    En ce qui concerne le caractère subjectif de ce nouveau code à élaborer, il est à vrai dire pleinement revendiqué ! Nous ne prétendons nullement que le code sera plus « vrai » qu’un autre, il sera tout autant arbitraire que le Dewey, mais aura l’avantage d’être intuitif, plus facilement compris et assimilé par la majorité des utilisateurs. Qui détermine le chiffrage ? Les premiers participants, nous tous ici dans cette discussion et celles qui suivront, et de futurs utilisateurs ; quiconque est intéressé, tant que le code est encore en cours d’élaboration – même s’il continuera d’évoluer progressivement à mesure de l’usage qui en sera fait.

    Désolé pour ce long message qui ne répond qu’imparfaitement au précédent, les prochains billets – à peine plus longs… – clarifieront certainement tous ces points – mais ne manqueront pas de soulever de nouveaux problèmes et nouvelles questions…

  4. Sylvain dit :

    Hum, très bien Valentin, j’attends donc avec impatience les prochains développements ;)

    Sinon, il serait peut-être possible – dans un premier temps, avant le rangement « physique » – de classer au moyen d’une liste les livres, non pas par ordre alphabétique des auteurs (ce qui n’a bien sûr aucun sens, ou presque) ni par mot-clef présent dans le titre, mais par catégorie (sociologie, politique, philosophie,…) avec des sous-catégories (libéralisme, socialisme,…). Bref un codage Dewey explicité (c’est-à-dire sans les chiffres).

    Concrètement, par exemple:

    HISTOIRE
    HISTOIRE ANTIQUE
    CIVILISATIONS ORIENTALES
    EGYPTE
    BABYLONE
    HITTITES
    EMPIRE MEDO-PERSE
    ….
    CIVILISATIONS OCCIDENTALES
    GRECE
    ETRUSQUES
    ROME
    CELTES

    MOYEN-AGE
    MONDE CHRETIEN
    MONE MUSULMAN
    ….

    Ceci étant dit, je comprends la nécessité de réfléchir dès maintenant au choix du mode de classification des ouvrages en vue de leur rangement physique. Pour en revenir au codage que tu (vous) proposes (proposez), le chiffre 9 signifie un retournement complet: dans ce cas, si je « tombe » sur un livre avec le code LIB.9, de quoi s’agira-t-il? D’un livre critiquant « totalement » le libéralisme? Ce livre en question, ne devrait-t-il pas davantage être classé (par exemple) en TOT.1 (totalitarisme) ou en INT.1 (interventionnisme)?

    Voilà cher Valentin, je ne doute pas que tu éclairciras toutes ces petites remarques et questions dans tes prochains développements.

    Bonne nuit,

    Sylvain.

  5. Marjorie dit :

    WAHOOO! Bravo à l’illustrateur, c’est toujours plus agréable de parcourir un texte illustré, ça rend le pavé beaucoup plus attractif ! D’autant plus, que la première illustration « enchevêtrement » caractérise à merveille le méli-mélo de tous ces différents systèmes d’indexation, qui me dépassent complètement! Je rame souvent à la BU pour trouver les ouvrages que je cherche ! Peut-être que je ne la fréquente pas assez assidûment !

    Sylvain, je t’invite mercredi soir à poursuivre notre petite discussion sur le libéralisme, il me semble qu’il faille éclaircir certains petits points sur le sujet
    :-) !!!
    Marjorie

  6. Valentin dit :

    En effet Sylvain, quelque soit la forme que prendra notre futur code, nous pouvons déjà commencer à réunir et lister des ouvrages, afin d’avoir une première base concrète sur laquelle travailler. Et un premier classement simple comme tu le proposes, semblable au dewey d’ailleurs, se révélera nécessaire pour nous guider dans l’élaboration du code à venir. Nous pouvons donc convier, dès cette étape de développement du projet, quiconque veut participer à fournir une bibliographie qui lui est propre, précisant à côté de chaque ouvrage mentionné s’il est : prêté (aux autres utilisateurs), donné (à l’association, qui peut alors le mettre à disposition des autres utilisateurs en le proposant au prêt), ou sans mention (permettant donc simplement aux autres utilisateurs de savoir qui dispose de tel ou tel ouvrage – et pouvant alors, pourquoi pas, traiter directement avec le propriétaire).

    A propos de l’usage des chiffres, l’idée d’amorcer un retournement à partir du 6 et finir sur un retournement complet au 9 n’est qu’un exemple. Ce n’est même pas exactement une proposition, il n’y a rien de définitif, il s’agissait simplement d’inviter à la discussion sur ce point. Quelle utilisation pourrions-nous faire des chiffres ? Comment les utiliser ? Serait-ce pertinent ? Chaque chiffre pourrait-il avoir une signification intuitive autre que leur indice numéraire et la stricte quantité qu’il désigne ? Si les chiffres ne servent pas à caractériser l’ouvrage lui-même, ils pourront au moins être utiles pour permettre de le localiser une fois le rangement physique effectué – sur le modèle du « CODA » par exemple, cf. lien dans le message de (=S=).

    Toujours est-il que, en demandant si un ouvrage coté « LIB.9 » ne doit pas plutôt figurer en « TOT.1 » ou « INT.1 », tu montres que tu as bien saisi le sens et l’intérêt d’un code « intuitif », puisque tu es tout de suite en mesure de proposer et combiner de nouvelles cotes que chacun comprend bien ! Pour répondre à la question plus « politique » de savoir dans quelle catégorie il faudrait alors ranger l’ouvrage (mettre un ouvrage anti-libéral en section « totalitarisme » est lourd de sens), précisons simplement que plusieurs exemplaires d’un même ouvrage peuvent figurer dans des catégories différentes. Tu peux voir qu’à la BU, le catalogue indique que certains ouvrages recherchés se trouvent dans différentes salles, ou encore différents rayonnages d’une même salle. Par exemple, la Sociologie de l’Algérie de Bourdieu figure en salle de sciences sociales au 3eme étage sous la cote « 305.8 BOUR », mais également sous « 034 QSJ » en salle de référence au 1er étage.

    Tout comme Marjorie, j’apprécie beaucoup les illustrations de ce petit texte, j’en remercie et félicite les auteurs ! Au fait, comment s’est passée votre petite réunion de mercredi ? Des discussions productives sur des aspects du projet ? Salut à vous et à bientôt j’espère !

  7. Apollon dit :

    Tiens, j’ai rangé ma bibliothèque en Dewey voici quelques mois. Moi j’aime bien.

    J’aime en particulier le 350 Public administration & military science.

    Pourquoi est-ce que l’association ne nous parait plus évidente ?

  8. BAILHES dit :

    Bonjour,
    En donnant un auteur (ou un titre de livre dans un cas spécial), existe-t-il un logiciel qui vous donne directement le chiffre dans le classement DEWEY? Pratique ce serait, non?
    Je vais faire un stage dans un CDI d’un Lycée, et ça me serait bien utile de savoir, car je peux classer un livre, mais il y a toujours des différences avec un connaisseur en DEWEY.
    Merci de me renseigner, je vous en serai reconnaissante…
    Elisa pour les intimes…

  9. vroum vroum dit :

    hello Elisa,
    voir ici, je ne connais pas, peut-être une piste intéressante :
    http://www.oclc.org/ca/fr/dewey/versions/webdewey/default.htm
    http://connexion.oclc.org/
    http://www.oclc.org/ca/fr/connexion/about/default.htm

  10. Entrevue sur le Nouveau Jardin, 1/3 | Parallaxe dit :

    [...] billets concernant l’élaboration d’un nouveau code de classification auront deux ans. Au-delà du Dewey, en date du 9 décembre 2008, et De la salle de bibliothèque aux salons d’études, du 23 [...]

Laisser un commentaire

*