Quelle ouverture voulons-nous pour notre moteur de recherche ?

Le moteur de recherche que je vous ai présenté précédemment et qui n’a pas encore de nom, possède néanmoins une base de sites sélectionnés divisibles en plusieurs catégories :

  1. les propres sites des contributeurs
  2. les sites amis ou proches1
  3. des encyclopédies : Wikipedia francophone, Wikipedia anglophone et Encarta2
  4. Amazon pour les sites marchands3
  5. des sites universitaires
  6. des bibliothèques numériques
  7. quelques sites de quotidiens : Le Monde, Le Figaro et Libération pour la France
  8. des sites et blogs de bonnes factures, ou de référence sur des sujets qui nous intéressent

Dans cette liste, je suppose que les catégories 1, 3 à 6 ne poseront pas problème.
Pour la catégorie 2. la question ne se posera pas tant que les contributeurs seront peu nombreux, assez homogènes dans leurs approches et au clair sur ce que l’on appelle un site « proche » ; il sera toujours temps de se la poser plus tard ou à l’occasion de la première demande d’inscription « litigieuse » (site semi-libéral de gauche|droite, compagnons (ponctuellement) d’opposition mais avec qui nous n’avons rien en commun…)
Pour les catégories 7. et 8. je propose qu’on en discute ci-dessous.

Les sites de quotidiens

Puisque les requêtes pourront être variées et diverses, il vaut mieux inclure des sites généralistes qui traitent de l’actualité large, là où ne prendre que des sites universitaires (erudit.org, Persée, Europeana, UQAC …) ne laisserait que Wikipedia et Amazon sur le créneau de certains sujets.

Afin que soit respectée une certaine pluralité des points de vue sans quoi nul ne peut se faire un avis ou le confronter, il faut en choisir plusieurs, si possible de tendances différentes, et sans doute de pays différents pour s’offrir la possibilité de réflexion plus en recul sur certains sujets chauds dans nos pays respectifs.

En pratique, je suis pas sûr que certains sujets ne seraient pas alors noyés sous les résultats des journaux ou des livres Amazon. Il existe bien une option, dans la solution de moteur de recherche personnalisée de Google, pour « forcer » le classement des résultats sur certaines requêtes, mais j’avoue ne pas avoir vraiment jusqu’ici réussi à la faire fonctionner… et il faut penser à créer ces suggestions forcées pour chaque (combinaisons de) mot-clef(s) désirés, ce qui peut vite être fastidieux, donc abandonné la plupart du temps.

Ensuite, quels seraient d’après vous les quotidiens, journaux ou revues anglophones (libéraux, conservateurs et libertariens ; USA, GB, Australie) et hispanophones (Espagne, Amérique du Sud) dignes de figurer dans la base ?

Les sites proches …de loin

Abordons maintenant le point peut-être le plus épineux.

Vous le savez tous le libéralisme n’est pas une doctrine monolithique mais un ensemble de principes qui permettent de nombreuses interprétations, parfois en conflit avec d’autres valeurs qui viennent heurter ces premiers. Au sein des dit « libéraux » se retrouvent des gens qui, d’accord sur certaines choses, peuvent être en conflit frontal sur certains sujets sensibles où les valeurs intimes sont impliquées, au point de finir pas ne plus se sentir unis les uns aux autres. Il me semble pour ma part que toutes les composantes de ce faisceau parfois très large qu’on entend pas » libéralisme » devraient être représentées, afin d’assurer la diversité, au prix d’une certaine unité des résultats. Mais nous risquons aussi de laisser entrer des sites qui pour certains seront « douteux ». Je prends deux exemples pour illustrer mon propos, qui échappent concrètement au débat et sont pour cela intéressants : Dieudonné et Eric Zemmour. L’un est un pitoyable bouffon4 peu souvent drôle mais qui défend une certaine idée de la liberté d’expression (et depuis Walter Block nous savons qu’il n’est pas mauvais de « défendre les indéfendables »), l’autre un homme de lettre, fin et intelligent mais ouvertement marxiste (au point de donner des leçons de marxisme à Marie-George lors de son passage à On n’est pas couché) malgré sa présence dans les colonnes d’un Figaro peu connu pour son militantisme de gauche. Les effets qu’ils produisent dans la ruche des bienpensants est très agréable et drôle ; si demain ils proposaient un site où ils développeraient systématiquement leurs idées, les ferait-on figurer dans le moteur de recherche au nom de la seconde catégorie ?

Les sites opposés à nos idées

Plus en amont, la question que je me pose est celle de savoir si nous devons intégrer des sites sérieux et produits par des gens (à tort ou à raison) reconnus – par les médias, le système universitaire – mais avec qui nous ne sommes pas d’accord. Prenons l’exemple du Monde Diplomatique.5 Nous serons tous d’accord pour dire que ce journal est largement supérieur à nombre de sites ridicules ou blogs juvéniles écrits en SMS lors de quelques rebellions entre deux séances de jeux vidéos – même si ces derniers ne sont que les épigones de journaux tel que ce premier – , et ce en dépit du fait que le mensuel peut parfois nous tomber des mains, tant il croule sous les poncifs vaseux, les préjugés gluants et le prêt-à-briller-en-société dont se parent quelques révoltés produits en série. Mais nous serons d’accord que certains arguments doivent être entendus, ne serait-ce que pour qu’on puisse leur répondre, car plus ils sont simplistes et/ou « choc », plus leur diffusion sera assurée dans une société d’hyper(dés)information rapide… Il ne serait ainsi pas totalement inutile que quelques sites exemplaires viennent trouer la toile des résultats parmi les références choisies… Mais cette « diversité externe » est-elle encore l’objet du moteur de recherche ? On pourrait penser que si l’on veut savoir ce que pense le tout-venant, on va sur Google tout simplement… Le mieux serait peut-être de créer un moteur antilibéral de qualité servant de miroir, pour économiser son temps… mais c’est totalement illusoire de croire que l’on prendra, justement, le temps de faire ça.

Et puis pour de nombreux sujets, il y aura Wikipedia dont les contributeurs réussissent, quand même, à sélectionner en fin d’article les sites les plus importants sur le sujet, qui seront disponibles en deux clicks depuis le moteur de recherche à défaut de l’être en un seul… Ce n’est pas bien grave, non ?

* * *

Voilà ces quelques points exposés : la parole est aux autres contributeurs et (potentiels) utilisateurs d’un tel outil !

  1. Remplaçant de fait les défunts Anneau des libertés et Réseau libéral V1 et V2 []
  2. L’Encylopédie Universalis devra revoir son business model avant d’être présent ici… []
  3. Au détriment de tous les autres pour éviter le « bruit » des présentations redondantes de livres []
  4. Semoun et Dieudonné n’ont jamais réussi qu’à me faire sourire de temps en temps []
  5. On aurait pu prendre un exemple à droite, ou aux confins de ses extrêmes []

3 commentaires pour “Quelle ouverture voulons-nous pour notre moteur de recherche ?”

  1. (=S=) dit :

    Je m’aperçois qu’il manquerait éventuellement une catégorie à la liste : les sites de vidéos (au moins Youtube, Dailymotion, Google Videos) qui apporteraient leur lot de « bruit » mais paraissent incontournables aujourd’hui, non ?

  2. (V) dit :

    Je me pose de plus en plus la question de la pertinence de faire figurer Wikipedia parmi les sites sélectionnés. L’intérêt d’un tel moteur n’est-il pas au contraire de mettre en retrait les grands, énormes sites parasites – dont wikipedia est peut-être donc le plus représentatif -, et faire émerger de nombreux petits, parfois insoupçonnés, difficilement trouvables par une simple recherche google peu fouillée après les 2 ou 3 premières pages – voire la première page seule – ? Wikibéral ne reprend-il pas déjà à son compte, du moins comme première base, les meilleures pages de wikipédia ?

  3. bastiat dit :

    1-2-5-6-8

    Le web est déjà ouvert par définition, l’intérêt est d’être raisonnablement sûr que l’écrasante majorité des résultats soient libéraux.
    Pour moi 7 est donc à exclure.

    voilou

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