Politique de modération de la publicité sur nos différents sites
Deux faits récents m’amènent à rédiger ce billet.
Tout d’abord, alors que je faisais quelques modifications sur la page du discours de Himmler du 6 octobre 1943, je fus interpellé par la juxtaposition sur une même page d’un texte annonçant l’extermination des juifs et d’une publicité Google pour un site de rencontres juives. Passé le premier moment de recul, j’ai trouvé cette ironie de l’Histoire finalement assez belle, et preuve directe que les desseins des nazis n’avaient heureusement pas été (totalement) accomplis.
Le deuxième est d’avoir découvert hier qui était ce rassemblement de groupes politiques réunis pour les élections européennes, Libertas 2009, dont nous avons régulièrement véhiculé les publicités en pied de page pendant quelques temps.
Je dois avouer que dans l’un et l’autre cas, j’étais bien content de ne pas avoir à assumer la présence (ou l’absence) de ces publicités que le service Google AdSense nous fournit automatiquement en fonction du champ sémantique et des mots-clef présents sur chaque page, ces derniers permettant d’afficher les publicités des annonceurs qui les ont choisis (et mis l’argent nécessaire dans un système d’enchères). Autant dire que dans l’interface d’administration de ce service, il m’est possible de décider de filtrer les annonceurs par mot-clef, URL, etc. Mais cela prend du temps, et, surtout, nous fait basculer dans la problématique des choix éditoriaux qui relèvent d’une intention faisant sens, point sur lequel je préfère me laver les mains explicitement, afin de ne pas laisser au lecteur possibilité d’interpréter d’une quelconque façon la présence de telle ou telle publicité sur les sites.
Autant nous assumerons les choix fait dans la sélection de livres proposés via Amazon, dans les sites présents sur nos moteurs de recherche (Liberty Finder, Catallaxearch), dans les textes que nous publions et les relations intertextuelles que nous voulons créer autour d’eux, autant je n’ai pas du tout envie, je le dis franchement, de rentrer dans cette gestion éditoriale pour un outil que je n’ai mis en place que pour des raisons purement financières visant à autofinancer les coûts d’hébergement1 sans demander d’argent au lecteur mais tout juste un peu de son temps pour aller voir des sites d’ailleurs pas toujours inintéressants2.
Alors pour reprendre l’expression consacrée, la direction décline volontairement sa responsabilité quant aux publicités Google, se réjouie même que nos lecteurs aient loisir d’aller faire dépenser de l’argent à des annonceurs qui ne partagent pas nos valeurs, et consacrera plutôt son énergie à produire du contenu ou jouer un rôle d’ e-libraire specialisé en symbiose avec Amazon.
Néanmoins, un troisième fait m’amène à me poser la question d’un assouplissement de ma position concernant les moteurs de recherche, après avoir remarqué qu’une requête contenant le mot « femme » génère3 l’apparition de publicités exclusivement pornographiques. Là encore, non pas qu’il m’intéresse de juger, de censurer, d’approuver ou pas – d’ailleurs personne n’est obligé de cliquer -, mais cette omniprésence m’a gênée. Parce que l’espace d’un instant je n’ai eu quasiment plus que de la pornographie sur ma page et que ce n’est pas le sujet du moteur de recherche. Cela dit, commencer à filtrer n’est-ce pas rentrer dans l’engrenage de la responsabilité éditoriale ? Si j’adopte pour critère de ne garder que les sites ayant un rapport de près ou de loin avec les sites retenus dans la base de recherche du moteur, jusqu’où devrais-je m’arrêter pour rester cohérent ? Peut-être y a-t-il moyen de contingenter certains domaines, en définissant par exemple qu’au moins 50% des annonces affichées sur une page doivent concerner des femmes habillées ? Ce serait sans doute un bon compromis. Faut-il filtrer au contenu visible quel que soit l’âge et interdire tout ce qui l’est au moins de 18 ans ?
La question vous est posée…
Crédits photos : Pasta la victoria (2008), par RoOobie ; Hell at the Library, Enfer et damnation (2008) par vpjl
- Pour le reste nous nous basons sur le bénévolat et l’open source [↩]
- Malheureusement je n’ai moi-même pas le droit d’aller cliquer sur ces liens, pour des raisons évidentes de fraude au clic, et doit taper l’URL pour aller les visiter. Quelques blogs d’auteurs et des sites de maisons d’édition ont pourtant retenus mon attention [↩]
- La première requête a été faite à 23h – heure des plus propices -, mais s’est avérée quasi identique, quoiqu’avec des filles promettant d’être un rien plus farouches, à d’autres heures de la journée [↩]

